Publié le 21 Septembre 2020

La Bastide, avant de devenir le stade et un centre de recherche agronomique, abritait un élevage de porcs. C’était le papa de B qui s’en occupait. Sans être un élevage industriel, il y avait un grand nombre de cochons. Dans le bâtiment principal, les loges se trouvaient sur les deux côtés. Au centre un couloir tout le long du bâtiment, large de cinq ou six mètres, qui communiquait avec les loges par de petits passages pour les porcelets. Les truies et les verrats restaient sur les côtés. Notre grand jeu, c’était d’avancer dans ce couloir jusqu’à ce que tous les porcelets s’entassent contre le mur du fond, en couinant très fort.
Un amas tout rose et grouillant qui reprenait sa forme de troupeau de porcelets dès qu’on partait.
 

Les verrats, des bestiaux énormes et pas très sympathiques. Le papa de B avait une énorme cicatrice à la cuisse, suite à la morsure d’un gros mâle. Il nous disait toujours de rester à distance.
La bastide c’était déjà loin de notre territoire, loin du village, mais encore au bord du Vistre.

 

 

 

Un autre lieu lointain, Israël, un immense champ au nord du Vistre. Première chose il fallait traverser le fleuve. Une fois arrivé dans le champ, où jamais rien n’était planté, de la hauteur d’un petit gamin, la friche paraissait infranchissable. D’ailleurs je ne me souviens pas l’avoir franchie. Cette étendue désertique, on l’appelait Israël. Paris match avait diffusé l’image des chaussures abandonnées par les soldats pour fuir plus vite, pendant la guerre des Six Jours. On a essayé de faire pareil pour fuir plus vite, mais ça nous a retardé. Ils avaient sûrement des chaussures sans lacets. La photo était en noir et blanc, la même couleur que le champ infranchissable.
 

On n’osait pas trop agrandir notre royaume, mais ça changera dans les années à venir.

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Publié le 20 Septembre 2020

L’été, la saison des moissons et des ballots de pailles. Dans le grand champ en face la gare, de l’autre côté de l’avenue de Camargue on rassemblait les bottes pour bâtir d’immenses cabanes.
Avec des dimensions vertigineuses, des passages secrets, des tunnels, et de grandes salles dans lesquelles on pouvait rentrer toute la bande. On grimpait tout en haut. On pouvait apercevoir, le Vistre, encore plus loin, Israël (je vous expliquerais l’origine de ce nom) le mas des abeilles, et enfin Nîmes et la tour magne.

 

On dominait le village. Une sentinelle au sommet surveillait si le propriétaire du champ venait.

On l’appelait « inspecteur la clavette » un grand bonhomme sportif et pas content de voir
sa paille en vrac au milieu de son champ. Ça ne devait pas le déranger plus que ça, car tout le village savait qu’on était là. Et il lui suffisait de se faire voir pour nous faire déguerpir.

 

Nous rampions dans ce labyrinthe, nous finissions couverts d’écorchures, l’impétigo faisait des ravages. Les mamans passaient beaucoup de temps à nous soigner. Je ne me souviens pas du produit, on était couverts de taches rouges.

L’envie d’aller dans notre château de paille était plus forte.
 

Un jour, la cabane s’est effondrée sur le fils de l’infirmière on a aussitôt mis en place les secours, comme dans une avalanche sans se rendre compte qu’il avait pris plusieurs centaines de kilos de paille sur la figure. Tels des chiens sauveteurs, on la découvert coincé sous deux ballots qui lui avaient épargné l’écrasement. Il était hilare et indemne.
 

Les bottes de paille étaient en vrac. C’est à ce moment qu’on a vu « inspecteur la clavette » dans une colère noire, au bout du champ, encore une fois on s’est vite échappé pour se réfugier sous le pont de la route du mas de nage.

Contents, on se congratule en se racontant l’événement qu’on vient de vivre.
 

Le pont sous la route du mas de Nages nous servait de refuge, d’autres lieux dans le village servaient de cachette. L’ancien arrêt de bus, salle voutée avec deux banquettes, le lavoir derrière les arènes. Et le parc aujourd’hui il est propre, éclairci, bien taillé. Quand on le fréquentait, c’était une forêt pas entretenue avec des taillis bien épais, nous étions isolés du village.
 

En son centre une clairière avec deux bancs, les restes d’un grand bassin circulaire, un immense « quaquitier* » et tout autour un chemin qui faisait un circuit, qui plus tard, servira de piste d’essai pour nos mobylettes préparées. J’y reviendrai plus tard.

 

 

 

*« quaquitier » plaqueminier

 

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Rédigé par jacques

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Publié le 19 Septembre 2020

Le Far West n’était pas la seule source d’inspiration.
Le moyen âge et les chevaliers aussi.

Par chance, on avait un château, le mas de Nage.
L’imprimerie nous fournissait, de quoi fabriquer des armures en aluminium et des arcs avec flèches à clous.

On traverse la vigne, une haie de peupliers, un champ de pommiers, et nous voilà dans le parc du château.
 

Les deux « châtelains » se défendaient comme ils pouvaient, accoutrés de panoplies d’Asterix et légionnaire romain, en carton-pâte. Nos flèches se plantaient dans le carton et on gagnait la bataille à chaque fois. Le nombre jouait en notre faveur.
Ils avaient une arme secrète, le contremaitre du mas.

Un grand marocain, rapide, chaque fois qu’il nous coursait on partait dans tous les sens pour échapper à ses mains de géant.

Au cours d’une attaque en traversant le champ de pommier un de nous a eu l’idée de planter une pomme au bout d’une branche flexible de peuplier. On s’en servait comme un fouet, la pomme était propulsée à grande vitesse (beaucoup plus vite que lancée à la main).

 

À l’attaque ! avec cette nouvelle arme de « guerre ».
Le grand marocain, rapide nous a encore une fois chassés du domaine.

La vengeance a été terrible.
 

Dans le champ de pommiers avec nos lances pommes, on à décanillé presque toutes les pommes du verger (on à appris plus tard que ça ce chiffrait en tonnes). Franche rigolade, le grand marocain, rapide surgit et nous course, je pars dans une direction ou je connais un refuge, la roubine, derrière la gare. On s’y abrite, moi, sur une rive, le reste de la bande, en face. D’un seul coup, je vois tous les autres qui détalent en vitesse, je sens une énorme main m’attraper par l’épaule et je décolle du sol. J’ai eu tellement peur que je me suis littéralement chié dessus.
Et illico on m’emmène à la mairie. Essoufflé, affolé et puant, me voilà devant le maire et le garde champêtre qui aussitôt appellent mon père.

 

On me relâche après une interminable engueulade et un interrogatoire pour savoir qui était avec moi, je n’avais pas balancé les copains. Mais je puais toujours autant.

Quand j’ai retrouvé la bande, nous avons décidé d’attendre quelque temps avant de repartir à la conquête du château.

À suivre

 

https://www.chateaudenages.com/fr/notre-famille/

 


 

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Publié le 18 Septembre 2020

Les ouvriers de cette imprimerie venaient souvent à la maison. La porte de la maison et le portail de l’usine se touchaient presque.
 

Mon père était le directeur technique, une carrière dans l’aviation militaire, comme moniteur pilote à Marrakech, ou je suis né. Je me suis toujours demandé s’il était vraiment descendu de son avion.

Excellent technicien horloger, dessinateur industriel et artistique, j’ai appris à souder à l’arc, à développer des photos, et tout un tas de techniques qui me servirent plus tard. Il me laissait aller dans l’atelier. Avait-il le choix ?
Grand séducteur, il ne se privait pas d’user de son « droit de cuissage »
(ce sont ses mots).

Comme je trainais souvent dans l’usine, je l’ai surpris quelques fois avec l’une ou l’autre.
J’étais dépositaire d’un grand secret envers lui et ses partenaires.

Très lourd à porter pour un gamin de mon âge.
Il va y en avoir d’autres.

Mais comme je gardais ça caché, devant l’incompréhension et le choc de cette vision, j’ai occulté ça dans une amnésie dissociative, qui a eu des répercussions dans ma vie d’adulte.

Je me suis aperçu bien plus tard qu’un traumatisme a détruit mon estime de soi.
Mais ça, c’est une autre histoire.
 

Il préférait me savoir, là, plutôt que de trainer avec la bande du Vistre. Souvent il me faisait comprendre que mes fréquentations ne lui plaisaient pas. Le standing de mes copains ne collait pas avec son rang dans le village (élu à la mairie et membre de divers clubs municipaux) la majorité de mes copains étudiaient à l’école paroissiale.

 

Un autre personnage, mon grand-père, PDG et créateur de l’atelier, ancien ouvrier typographe, des établissements Azémard à Nîmes. Anarchiste, puis communiste et patron, grand macho, et intransigeant quant à son métier de typo.

Le reporteur lithographe dessine sur une pierre longuement préparée pour avoir des parties amoureuses à l’eau, quand on couvre la pierre avec une encre grasse après l’avoir mouillée. L’eau chasse l’encre qui se met sur les parties qui ont chassé l’eau, on presse une feuille contre la pierre pour obtenir une image.

Si par mégarde l’ouvrier fait une erreur en traçant à la plume de jolies Anglaises (traçage à l’envers de la lecture) il devait tout recommencer. Poncer la pierre, la regrainer, la préparer avec toute une cuisine de produits variés dans un ordre précis.
 

Cet ouvrier ne se trompait pas.

Ce qui faisait que mon grand-père était à l’affut du moindre millimètre en trop ou en moins.
Et je ne parle pas des fautes de typo.

Il régnait en patron paternaliste, dans SON atelier.

Mon oncle directeur commercial, un personnage en quête éperdue de reconnaissance
Jaloux de son frère. A failli répudier sa fille, car elle fréquentait le palefrenier du club hippique, plutôt que le maitre d’équitation. Et quand elle a loupé son bac, a cru que la fin du monde était arrivée. Il a poussé le bouchon si loin qu’il a fait mettre une particule au nom de sa société.

Revenons au Vistre
Les nouveaux de l’avenue de Camargue se sont intégrés facilement. Les fils de l’institutrice, plus vieux que nous n’étaient pas intéressés par nos jeux. Les fils de l’infirmière pas contre se sont fondus dans la bande comme s’ils en avaient toujours fait partie.

Une anecdote me revient. Comme nous avions fait prisonnier un des fils de l’infirmière au cours d’un western épique, nous l’avions crucifié à l’horizontale sur une croix de bois posé sur le sol. Enduit de confiture, pour que les fourmis le mangent. Cette confiture lui a évité de cuire au soleil.

On a continué le western et le pauvre est resté au soleil une bonne partie de l’après-midi.
Quand je le croise au village il est très bronzé (pas à cause de la crucifixion, mais parce qu’il est ouvrier agricole.

Après une bonne engueulade de tout le monde, sa maman infirmière a su quoi faire pour le soigner.

Et lui doit s’en souvenir encore.

 

Pour ceux qui veulent en savoir plus
https://www.passion-estampes.com/technique/reportage-creation-d-une-lithographie-originale.html


 

 

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Publié le 17 Septembre 2020

  

Revenons au radeau.

Le moulin d’Hours passé le Vistre devient plus sauvage avec de la végétation épaisse, la lumière du jour pénétrait à peine là-dessous, c’est presque silencieux.
 

La première difficulté, on la rencontre sous le pont de la bastide.

Une cascade pas bien grande, mais infranchissable pour nos radeaux, nous avons tenté de sauter l’obstacle sans jamais y parvenir
 

 

 

Ne m’en veuillez pas si je laisse le Vistre et sa bande, pour vous parler de l’imprimerie. Mais nous y reviendrons.

Construite sur le terrain acquis par mon grand-père en 1952 suite à la fermeture de la ligne
(il était chef de gare)

http://jacqueslarguier.net/2020/01/dessins.html

Formidable terrain de jeux

Imaginez un immense local avec des machines colossales, certaines avec des volants d’inertie de plusieurs mètres de haut, elles servent à emboutir des plaques d’aluminium.

 

J’ai fait cette peinture d’après le modèle (une œuvre de jeunesse)

Un sol en ciment lisse pour tourner autour de l’atelier en patins à roulettes.

Des poubelles pleines de chutes d’aluminium, de papier, de carton, et tout un tas d’outils, du scalpel au poste à souder, en passant par des découpeuses de métal, des emboutisseuses et tout le matériel pour faire de la sérigraphie.

Et… un banc de reproduction de la marque "Bouzard"

Arrêtons-nous quelques instants sur cet engin.
Imaginez un appareil photo ou l’on peut insoler des films de 90 x 100 cm
Une partie extérieure pour la photo et le reste dans une autre pièce.

 

Un petit dessin pour mieux comprendre



Machine avec des molettes partout, des boutons, des manivelles, une chambre noire ou l’on pouvait allumer une ampoule rouge. (une lampe inactinique)
 

À la barre du Bouzard, je partais dans des voyages merveilleux, seul au monde, sans limites,
il devenait Nautilus, Spoutnik et autres vaisseaux intergalactiques.
embarquement immédiat, pour aller dans les confins de mon imagination.


Plus tard, je l’utiliserai comme banc de reproduction dans un cadre professionnel

 


 

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Rédigé par jacques

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Publié le 16 Septembre 2020

Secret 6

 

 

Secret 6

 

La cabane servait plus à tirer les rats à la carabine à plomb que de refuge.

On investissait plus les rives alentour. Les cavités creusées par les pluies

On n’a pas mis longtemps à croire à la légende de la dame du Vistre.

 

Malgré mes nombreuses baignades forcées, je faisais partie de la bande, tous les matériaux viennent de l’imprimerie de mon père, ça aide.

 

Tous les autres protagonistes avaient 3 ou 4 ans de plus que moi, et je n’étais pas le moins dégourdi

Et la place de plus jeune me procurait un statut particulier.

 

Nous passions de plus en plus de temps autour du Vistre.

 

Et l’école dans tout ça ?

 

J’y perdais tous mes camarades du Vistre, car la plupart fréquentaient l’école libre

surtout B (il ce reconnaîtra) on avait depuis le plus jeune âge des atomes crochus.

Il fera toute sa scolarité à notre dame.

 

Un seul de la bande venait à la laïque. Il aura, beaucoup plus tard un rôle important.

 

Mais tout ça va évoluer avec la suite du lotissement, avenue de Camargue.
 

D’autres villas se construisent dans le prolongement des anciennes, la dernière et à 50 mètres de la station d’épuration et du Vistre.

 

Les deux institutrices de l’école, l’infirmière du village, ont construit leurs maisons à ce moment-là.
 

Ça fait quatre garçons de plus dans la bande.
 

Nous sommes maintenant une bonne dizaine, à inventer et construire une mini société avec des règles qui changeaient selon les moments.
 

Un certain goût de liberté…

 

À suivre.

 


 

 

 

 

 

 


 

 

   


 

 

 

 

 

 


 

 

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Publié le 15 Septembre 2020

Depuis l’interdiction, on ce retrouve plus que quelques un à continuer l’exploration du Vistre.

Les radeaux se perfectionnent et deviennent de plus en plus stables.

On a dépassé le moulin d’Hours, un mas abandonné qui était réservé aux plus grands.
 

Bientôt, on va perdre de vue l’avenue de Camargue, le Vistre coule sous des arbres qui nous cachent du reste du monde.
 

 

C’est là qu’on décide de construire une cabane dans un arbre qui penche au-dessus de l’eau.

Pendant quelque temps, le radeau ne servira plus, on achemine toutes sortes de matériaux pour installer une plate forme à environ six mètres du sol avec une corde qui nous permit de sauter au-dessus du Vistre.
 

À partir de là il y avait deux catégories de gamins, ceux qui allaient de l’autre côté et ceux qui finissaient dans l’eau. La corde franchissait les dix bons mètres d’une rive à l’autre.

On partait d’un côté, quatre mètres au-dessus de la surface de l’eau, au milieu on frôlait le Vistre pour atterrir sur la rive d’en face. (la troisième catégorie ceux qui n’osait pas ne revenait plus)
 

Ceux qui avaient un surplus gravitationnel, au moment où la force centrifuge parvenait à son maximum, lâchaient prise.

Plouf le grand plongeon.
 

À SUIVRE

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Rédigé par jacques

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Publié le 14 Septembre 2020

Le décor est planté.

Pour commencer je dois vous avertir que certains épisodes ne sont pas toujours heureux et flirtent avec l'illégalité.
IL y a prescription, je parle là d'évènements, qui se passent au milieu des années 60.
C'est pour cela que je ne citerai aucun nom.

 

L'aventure commence sur le Vistre, on récupère des bidons métalliques soigneusement ligaturés sur des planches et autres bout de bois (je précise que l'imprimerie située à côté de la gare regorge de matériaux en touts genres)

Sur ce radeau on partait à la découverte du vistre, qui serpentait sous de grands arbres.
Peuplé de poules d'eau, de rats et tout un tas d'objets flottants pas toujours bien identifiés.

Je vous rappelle que le Vistre est un fleuve qui va jusqu'à la mer.

Pour l'instant la première difficulté pour nous c'était de tenir sur le radeau, les premiers avaient des problèmes de stabilité. Et souvent on finissait à la baille.

Crottés, puants, heureux d'avoir à chaque fois fait un peu plus de chemin.

Le Vistre dévoilait petit à petit ses secrets.
Des rives escarpées avec des cavités assez grandes pour s'y abriter.


De grands arbres, et autant de projets de cabanes.


Certains d'entre nous ont eu l'interdiction parentales de s'approcher du Vistre.
Vu l'odeur et l'état de nos vêtements on peut le comprendre.
 

Donc le Vistre devenait interdit, ce qui lui donnait encore plus d'intérêts

 

Voici un plan du premier radeau
plut tard on va le perfectionner

 


 

 

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Publié le 13 Septembre 2020

Plus tard le reste de l'avenue de Camargue ce construira jusqu'au Vistre, pour ce terminer en "beauté"
sur la station d'épuration. (un autre lieu de tests en touts genres mais j'y reviendrai plus tard)
 

Pour l'instant je vous présente, une photo de quasiment tout les gamins du village.
Tous sauf ceux qui étudient à l'école libre, pas très loin de l'église.
C'est l'école paroissiale.
 

caissargues, bétises, 1960
Les classes de l'école laïque

Sur cette photo on peux voir toutes les classes du CP au CM2.
 

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Rédigé par jacques

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Publié le 12 Septembre 2020

Un peu de géographie
Pour suivre les aventures de la bande voici une photo avec légendes
du village en 1966.
L'avenue de Camargue premier lotissement de Caissargues, construit sur les terrains vacants de la ligne de chemin de fer.

Au début de la rue, la gare et des bâtiments industriels c'est la que j'habite.
Et en remontant sur la gauche de la rue le lotissement, ou habitent la plupart des gamins du Vistre.
sur la gauche en regardant vers le vistre, des champs.
La vue se perd dans les collines Nîmoises.
Le village est à 100 mètres à peine de la rue.
Il y à des champs partout et des roubines et … le Vistre.
 

caissargues gamin vistre
Vue aérienne de nôtre royaume

Voila notre terrain de jeu, pour la bande du lotissement, qui petit à petit accueillera d'autres gamins du village.

caissargues vistre gamin
La gare vue nord sud



À suivre…



 

 

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Publié le 11 Septembre 2020

Le Vistre, un fleuve qui prends sa source à Bezouce et finit son périple, au Grau du roi.

 

 

 

 

 

Notre Vistre
Terrain d'aventures pour les gamins du village, enfin les plus intrépides.

Cabanes, radeaux, pont de singe, balançoires.
Dans les années 70 le Vistre servait d'égout à la ville de Nimes.
Bordé de grands arbres et des Buissons impénétrables.

Il nous servait de terrain d'aventures et de toutes sortes d'expériences.


Il dégageait souvent une odeur pas très agréable. ce qui tenait à l'écart les propres, les bien pensant, et autres cul pincés.
Pour accueillir "les bandit de grands chemins" Une bande de dix copains d'enfance avec des tonnes d'idées à la con, et de l'énergie à revendre pour les mettre en œuvre.

A suivre …

 

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Publié le 2 Juillet 2020

Rédigé par jacques

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Publié le 24 Juin 2020

Tout un monde de figures, et de personnages avec la tête dans les étoiles
et les pieds bien sur terre.
Terre cuite, chamotté, Modelée, ouvragée,

patinée, parfois torturée, imprimée de dentelles,

estampée de végétaux,
sculpture nature …
Un ouvrage de longue haleine

toute une vie.
Une belle rencontre

 

 

Sculpture nature

 

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Rédigé par jacques

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Publié le 19 Juin 2020

Texte vu sur Médiapart

Papa, je ne te demande rien de plus que d’essayer de nous comprendre. Accepte d’être dépassé par les messages que l’on porte, écoute-nous et respecte nos combats. La lutte est devenue ma vie et tu ne peux le renier sans me perdre. Ma colère est celle d’une génération, rien ne nous arrêtera et les conseils des vieux sages n’y changeront rien.


« Tais-toi ! Tu n’as pas à me tenir tête, je suis ton père et tu me dois le respect. Fais bien attention à toi, je me souviendrai de cette soirée, je te le garantis ! » Tels ont été tes mots en ce soir de rupture. Censurant et menaçant, tu as refusé de m’écouter. Jamais nos débats, aussi animés soient-ils, n’avaient atteint ce niveau de violence. Je m’accrochais à l’espoir de te faire entendre raison, tandis que ta seule intention était de me faire taire. Nous avons tous les deux échoué : je ne me suis pas tu et tu ne m’as pas entendue. Aujourd’hui j’ai compris : le message que j’essayais de porter t’était irrecevable. Pourtant, mon espoir reste intact et je t’en conjure, Papa, tu dois m’écouter.

Tu m’as fait grandir avec l’idée que si je ne pensais pas, les autres le feraient pour moi. Aussi, je crois m’être toujours appliquée à réfléchir, analyser, me positionner et défendre ma pensée.

Mais alors que s’est-il passé ce soir-là ? Pourquoi n’as-tu pas supporté mon avis, mes arguments, mes idées ?

Papa, j’écris ces lignes en reconnaissant mes torts. J’aurais dû choisir d’autres mots, j’aurais dû contenir ma colère et ma propre violence, j’aurais dû considérer la dimension invraisemblable de mes paroles pour un homme de ta génération. J’y ai manqué et je le regrette. Je vais tenter de me corriger.

J’ai passé mon enfance à t’écouter, maintenant je suis adulte et je te demande d’en faire autant. Ma pensée n’est pas marginale, elle est commune à une grande partie de ma génération. Rien ne pourra la stopper, pas même l’ignorance. Aux côtés de mes amis de lutte, j’en fais le serment : l’heure viendra où celle-ci sonnera comme une évidence aux yeux de tous, y compris de ceux qui présentement, par leur indifférence méprisante, tentent d’étouffer nos voix. Il s’agit là d’une vérité indéniable : tu ne peux répudier la pensée de toute une jeunesse ; et en l’occurrence celle de tes enfants.

"L'ensemble des écosphères et de la biodiversité, humanité inclue, est en danger"

L’écologie en laquelle je crois n’est pas une lubie, elle est un combat devenu par nécessité le cœur de ma vie. J’utilise le terme « combat » non pas par esprit guerrier, mais pour correspondre à une réalité qui, me semble-t-il, t’a quelque peu échappé. L’ensemble des écosphères et de la biodiversité, humanité inclue, est en danger.

Toi qui aimes les chiffres, en voici quelques-uns : 50 000 espèces ont disparu en vingt ans, et la Terre a perdu 60% de ses animaux sauvages en quarante ans. Le déclin de la biodiversité est en chute libre, non pas à cause du réchauffement climatique (dont les conséquences actuelles n’en sont que les prémices), mais de la pollution et bétonisation des sols. D’ailleurs, les forêts africaines et latino-américaines sont respectivement détruites à hauteur de 18%, tandis que 30% des forêts océaniques et asiatiques est dévasté. L’air devient peu à peu irrespirable car empli de substances toxiques, les océans s’acidifient, les sécheresses sont de plus en plus intenses, les inondations et les tremblements de terres de plus en plus réguliers.

Ces données sont d’autant plus effrayantes quand on réalise que nous n’y avons que peu d’influence directe. En effet, il a été calculé que nous, citoyennes et citoyens français, n’étions responsables que de 1% des émissions de carbone, là où 100 multinationales en produisent 70%. Le réchauffement climatique est en perpétuelle augmentation : des chercheurs du CNRS l’estiment à +7 degrés d’ici 2100. Si leurs dires se confirment, on peut d’ores et déjà anticiper une sixième extinction de masse.

Chaque génération a ses combats, sans doute as-tu eu les tiens. Mais pour ma génération, les choses semblent différentes. Nous n’avons pas eu le choix, la lutte écologiste s’est imposée à nous comme une exigence vitale, telle une condition à remplir pour continuer à vivre. Papa, tu dois comprendre que notre instinct de survie nous pousse à la révolte.

Au détour d’une conversation, tu m’avais confié qu’avoir des enfants constituait le sens principal de ta vie. Fonder une famille et participer à notre éducation t’avaient fait toucher à quelque chose de plus grand, de plus absolu. Tu décrivais ta paternité comme une prolongation de toi-même, la garantie de laisser une trace et d’accéder à une certaine forme d’immortalité.

À 21 ans, le désir d’avoir des enfants est ancré en moi, mais cela représente également un rêve inaccessible, bousculé et compromis par la situation de notre monde. Le combat écologiste m’apparaît comme étant l’unique moyen de pouvoir accéder à la concrétisation de mon rêve de maternité : la lutte et la victoire d’abord, les enfants et la famille ensuite.

Pour une écologie radicale, intégrale et révolutionnaire

L’écologie que je défends s’attaque à l’ensemble des systèmes de domination, et c’est pourquoi je la définis comme radicale. N’aie pas peur de ce mot, il ne signifie rien d’autre que le fait de traiter le mal à la racine. La radicalité n’est pas le radicalisme.

En outre, pour le combat écologiste, la racine du mal est notre économie capitaliste. Le capitalisme est l’incarnation même de l’injustice, c’est pourquoi il nous faut le détruire. Par sa marchandisation du vivant, par sa hiérarchisation des êtres, il est le principal coupable de l’état de notre monde. L’écologie est fondamentalement anticapitaliste car on ne peut simultanément préserver et capitaliser la vie. L’un et l’autre sont incompatibles.

Néanmoins, je te l’accorde, les choses sont davantage complexes. Notre monde s’appuie sur des systèmes de domination, divisant la population en deux castes différentes : les oppresseurs et les opprimés. Le capitalisme en fait partie, mais il n’est pas isolé. Aux quatre coins du globe, la suprématie s’exerce : celle des riches sur les pauvres, mais aussi celle des blancs sur les noirs, celle des hommes sur les femmes, celle des adultes sur les enfants, celle des majoritaires sur les minoritaires. Je te laisse observer de quel côté tu es, de quel côté nous sommes.

Je t’ai parlé du ravage écologique, je vais à présent t’exposer les conséquences criminelles de ces systèmes de domination sur la vie. Je sais que remettre en cause le capitalisme touche chez toi quelque chose de personnel, c’est pourquoi cette idée t’est inaudible. Mais tu dois t’y ouvrir car nous ne t’attendrons pas.

Avant toute chose, je veux te préciser que je n’attaque pas ton individualité en tant que telle, ni même ta petite entreprise, bien au contraire. Je défends le principe que ces systèmes sont si puissants que tant qu’ils subsisteront, aucun d’entre nous ne sera en mesure de vivre sans en graisser les rouages. Ta vie et ta réussite se sont fondées sur les bases de ces systèmes, tu es parvenu à te tenir relativement à l’écart de la misère provoquée par ces dominations et c’est ce qui fait de toi, de nous, des privilégiés.

Tu dois l’entendre : les trois quarts de l’humanité sont privés de l’abondance de notre monde. Partout, les droits humains sont violés : pour un jean produit par l’industrie vestimentaire Zara vendu à 54 euros en France, la couturière Bangladaise l’ayant conçu ne touchera que 25 centimes d’euros.

37 000 personnes meurent de faim chaque jour, pourtant, selon la FAO, il suffirait de 23 milliards de dollars pour éradiquer définitivement la faim dans le monde. Paradoxalement, il est estimé qu’entre 60 et 80 milliards d’euros échappent au fisc français chaque année, tandis que plus de 560 milliards de dollars sont investis annuellement dans la publicité !

L’exploitation des écosystèmes et des matières premières naturelles est le moteur de l’industrie capitaliste : la production de marchandises banalise l’utilisation de produits chimiques, polluant et contaminant l’eau, elle-même privatisée et devenue imbuvable. 2,6 millions de personnes meurent de soif, et 92% de l’eau utilisée sur la planète l’est par l’agro-industrie.

Notre monde est injuste, que tu le veuilles ou non. Il ne suffit pas de dire « aimons-nous les uns les autres » pour qu’il en soit ainsi. Tu me dis redouter la guerre ? Ô que je partage ta crainte. J’aurais aimé pouvoir vivre sereinement dans un monde apaisé. Seulement, on ne peut demander la paix lorsque l’on appartient à une caste favorisée. Car pour le noir assassiné par la police, pour la femme dont l’enfant est mort de faim, pour le paysan à qui on a volé les terres, la guerre est déjà là.

Et moi, au milieu de ce chaos général, je m’interroge : que vaut une paix sans justice ? Cette question me fait trembler de tout mon être car j’en connais la réponse : rien. Absolument rien. Une paix n’est véritable que si elle ne fait office de cache-misère.

Les oppresseurs donnent des coups et les opprimés apprennent à tendre l’autre joue. Voilà la paix que nous connaissons actuellement. Elle n’est qu’illusion et est appelée à muter en révolte.

Détruire pour reconstruire

Je sais à quel point l’hypothèse d’une révolution te paralyse. Mais ose regarder le passé, aie le courage de consulter l’histoire. Ta vie actuelle serait bien différente sans la résistance communiste et anarchiste, sans les révoltes populaires et ouvrières. De l’instauration de la République à l’éradication du Troisième Reich, en passant par la mise en place du régime des retraites, des congés payés et du système de sécurité sociale, tout ce que nous possédons aujourd’hui n’a pas été gracieusement offert par le pouvoir en place, il lui a été arraché de force.

Moi-même, j’aurais aimé te dire qu’il existe une alternative à la révolution. Qu’il est possible de maintenir notre cap et de poursuivre nos vies confortables tout en prônant une société plus juste. Qu'être végétarien, cultiver un jardin et faire des études suffisent.

« Deviens Députée ! » m’as-tu dit. J’aurais tant aimé y croire. J’aurais voulu pouvoir affirmer que changer les choses de l’intérieur, par la voie politicienne, est un moyen raisonnable pour améliorer notre monde. Mais c’est un leurre.

Ces dernières années de lutte réformiste et lobbyiste m’ont poussées à faire le constat suivant : les systèmes de domination que sont le capitalisme, le patriarcat et le colonialisme ne peuvent être bonifiés. Parce que ces systèmes sont irréformables, une révolution est inévitable.

Jamais on ne convaincra un patron de privilégier la vie au profit, jamais un décideur politique ne consentira à partager son pouvoir, jamais un homme blanc ne pourra conserver sa position de dominant en assurant à une femme noire un statut d’égalité.

Ces systèmes mortifères, au même titre que l’ont été l’esclavagisme, le féodalisme ou l’apartheid, doivent être détruis, anéantis, abolis. Aussi, nous n’avons pas d’autres options que de renverser ceux qui en sont les protecteurs.

D’avance, je t’entends répliquer sur un ton marqué par l’incompréhension : « Au lieu de t’acharner à détruire, construis ! ». Mais je te pose la question : comment construire sur du pourri ?

Regarde autour de toi, toutes les initiatives, aussi pertinentes et déterminées soient-elles, finissent par être affaiblies et détournées par des exigences économiques et productivistes qui à terme, les éloignent de leur volonté originelle : participer à l’élaboration d’un monde meilleur.

Il est évident qu’envisager une construction sans déconstruction au préalable condamne toute alternative à des compromis pervertisseurs et destructeurs. C’est une certitude, on ne peut construire réellement sans déconstruire radicalement.

Papa, je tiens aussi à te rassurer. Déjà, moi et mes amis de lutte imaginons « l’après ». Tu l’ignores peut-être mais nous consacrons des jours entiers à la création d’autres modèles. De réflexions en expérimentations, d’échecs en apprentissages, nous préparons activement l’alternatif.

La société que l’on imagine est plurielle, débarrassée du modèle unique. Il n’y aura pas un monde mais des mondes. Avec ou sans Etat, démocratique ou anarchique, à échelle locale ou universelle, écologiste, collectiviste, féministe, décoloniale, horizontal… Nos idées fusent, s’organisent et se concrétisent peu à peu. Une utopie, qui au passage ne devrait pas en être une, nous unit : le respect de toute forme de vie.

Papa, je ne te demande rien de plus que d’essayer de nous comprendre. Accepte d’être dépassé par les messages que l’on porte, écoute-nous et respecte nos combats. La lutte est devenue ma vie et tu ne peux le renier sans me perdre. Ma colère est celle d’une génération, rien ne nous arrêtera et les conseils des vieux sages n’y changeront rien. Notre révolte est plus qu’un droit, elle est un devoir. Envers nos parents, envers nos futurs enfants, et envers nous-mêmes. La victoire est la seule issue possible, nous devons gagner et nous gagnerons. Quel qu’en soit le prix.

Entre la justice et l’insouciance, il nous a fallu choisir. Les barricades n’ont que deux côtés.

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Rédigé par jacques

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Publié le 17 Juin 2020

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Publié le 15 Juin 2020

Les platanes centenaires

qui nous protègent des chaleurs estivales

 

 

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