Publié le 26 Octobre 2020

Secret 27

 

Un jour j’ai prêté la mobylette de mon frère à B et JT ils avaient un rendez-vous à Bouillargues.

Les voilà partis pendant toute la journée, je pense qu’ils n’ont pas sucé que des cordes de pluie, en rentrant ils ont roulé dans les caniveaux de Bouillargues. Grands caniveaux pour évacuer les eaux de ruissellement des costières, assez profonds et larges, on pouvait y circuler facilement. Mais devant chaque porte, il y avait une passerelle en travers pour traverser. Les deux compères en ont percuté une. Résultat, fourche tordue et quelques bleus. Et la mobylette est rentrée encore une fois cassée. La suite s’est passée entre mon frère et moi, je vous laisse imaginer comment.

Nous étions bien dégourdis pour réparer les mobs. Elles étaient rapidement remises en route. Pour repartir de plus belle. Nous bricolions les moteurs, en agrandissant les pipes d’admission, en montant des carburateurs plus gros, en diminuant la hauteur des pistons et en limant les culasses.

Tout ça pour gagner un kilomètre-heure de plus et perdre énormément d’espérance de vie des moteurs. En haut de la rue Puech du Teil à Nîmes il y avait la casse Arpinon, notre fournisseur de pièces en tout genre. Devant son mobil-home bureau il y avait un coffre fort, qui nous a fait fantasmer longtemps ? Mais dans son bureau il y avait aussi un fusil de chasse et un bonhomme pas sympathique du tout. Le coffre fort est resté un fantasme.

Une autre utilisation des mobylettes consistait à faire le tour du parc le plus vite possible en tournant toujours dans le même sens un pied à terre. Pour protéger le pied, on fixait un morceau de pneu avec du fil de fer, et toujours à fond nous faisions des courses, jusqu’à la panne d’essence.
 


Mon frère a investi dans une chaîne et un cadenas, fini pour moi, je n’avais plus de mobylette.

À suivre

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Publié le 25 Octobre 2020

Secret 27

 

Le 25 octobre, c’est depuis longtemps mon anniversaire. Ma grand-mère paternelle Jeanne,( je l’aimais bien elle aussi) demandait à mon grand-père quelques sous, et on partait en bus à Nîmes, rue de la Vierge chez Bensoussan négociant en jouets. J’en choisissais un. Après nous allions chez Courtois, pâtisserie salon de thé place du marché. Une pâtisserie couverte de miroirs et d’or, les glaces étaient face à face, nos reflets se multipliaient à l’infini. C’était un palais magique. Jeanne commandait un baba au rhum et on lui laissait la bouteille de rhum sur la table, elle aimait bien boire un coup à sa santé. Ensuite on partait pour rejoindre l’arrêt de bus, nous donnions une pièce au clochard de la rue Régale, suivi d’un arrêt au palace (café des juges et avocats) elle buvait un demi. Nous rentrions à Caissargues en fin d’après midi.

Jeanne fille d’un photographe allemand (disparu mystérieusement) son magasin se trouvait boulevard amiral Courbet. Elle est sa sœur ont été séparées et placées dans des familles d’accueil. Jeanne est bien tombée, sa sœur beaucoup moins bien. Jeanne, communiste convaincue, partageait le peu qu’elle possédait et a continué quand la prospérité lui souriait.

Je me souviens qu'elle disait à mon frère (qui était grand pour son âge et maigre comme un clou :

« Ho petit pierre, où tu vas venir ? »

Elle m’avait appris à dire fleur à la place de merde, ça a le même nombre de lettres.

 

 

À suivre

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Publié le 23 Octobre 2020

Ça y est ! j’ai une mobylette, bon, elle est à mon mon frère, mais je l’emprunte de temps en temps.

Une bleue toute « neuve » avec suspensions arrière. C’est avec B le plus souvent que je chevauche cette merveille. Un jour sur le chemin entre la route d’Arles et Caissargues, je suis sur le porte-bagage et B à la conduite, panne d'essence, B secoue la mobylette pour faire descendre les dernières gouttes. C’est la chute B saute et reste debout et moi je me ramasse mon coude racle le bitume. J’ai une belle plaie on voit l’os, la mobylette a le guidon tordu. Je rentre à la maison ma mère en voyant ce trou, tombe dans les pommes, je vais voir mon père qui est à l’imprimerie à côté, je lui dis :

– Maman est tombée dans les pommes

ni une ni deux je me prends une engueulade

– tu lui as fait quoi encore

– rien

je lui montre mon coude il change de registre et hop aux urgences. Entre temps ma mère était revenue parmi nous. Je me suis fait copieusement engueuler par mon frère. (je n’ai pas pris de coup de poing vu l’état de mon coude).

Après quelques points de suture et le rappel tétanos, j’ai pendant quelque temps laissé tranquille la mobylette de mon frère. J’ai encore aujourd’hui une belle cicatrice.

 

La mobylette ne restera pas tranquille très longtemps.

 

À suivre

 

 

 

 

 

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Publié le 22 Octobre 2020

Secret 24

 

Nous donnions des surnoms facilement, de Babar à la vapeur, Rinéti, les sœurs Cuba, Bazou. Mon surnom c’etait Kaco. Il y en a un qui avait une origine particulière, Billicoque, celui qui le portait était notre souffre-douleur. Certains parents nous disaient de nous méfier de lui, et de sa famille. Aucun de nous ne connaissait l’intérieur de sa maison. Un jour, leur fille s’est fait mordre par le chien des voisins, ils ont porté plainte (ça ne se faisait que rarement, à cette époque les problèmes se réglaient directement). Il en fallait pas plus pour que tout le quartier se méfie de cette famille.

M nous disait souvent qu’il avait de la famille dans la pègre aux états unis, il n’en fallait pas plus, pour qu’on le surnomme Bilicoque (Billy Cook bandit notoire et malsain aux États unis dans les années cinquante)

Billy Cook

M nous racontait aussi qu’il parlait régulièrement à la dame qui vivait dans les trous des rives du Vistre, une légende Caissarguaise. On lui a fait toutes sortes de misères, il faisait quand même partie de la bande. Il avait cinq ans de plus que moi.

Dans notre école il y avait des élèves multiredoublants, bien plus grands que nous, en particulier R un géant en taille et en âge, nous passions toutes les récréations à essayer de l’attraper et de le mettre par terre. Comme une nuée de moineaux, tous les petits lui grimpaient dessus. Il s’amusait autant que nous et en redemandait. Je crois que l’on n’est jamais parvenu à le déséquilibrer.

J'avais un livre qui me faisait penser à lui.

Offert par l'auteur pour mes 9 ans

 

 

https://cagalopedanslatetedemanon.wordpress.com/2017/04/07/mais-qui-etait-billy-cook/

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Publié le 22 Octobre 2020

Les emplumés, nom donné par Mariane, et ça me plait beaucoup.
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Les emplumés, nom donné par Mariane, et ça me plait beaucoup.

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Publié le 18 Octobre 2020

Secret 23

 

Nous avions une bonne connaissance des ressources de notre royaume. Les bons cerisiers, les meilleures figues, le champ où l’on pouvait tranquillement voler les melons, les pèches, les pommes, et savions où trouver les pieds de raisins de table (le plus souvent du Muscat) que l’on dénichait au milieu des vignes à vin. On ne mangeait pas tout sur celles-là, nous supposions que ça servait à récompenser les vendangeurs.

 

Sur la route du mas de Nages, le grand champ était bordé de cerisiers centenaires, avec des cerises inoubliables. Le propriétaire EB, un des plus riches paysans du village, alcoolique et vilain, portant une casquette noire collée par la crasse à son crâne, sur son lit de mort, demanda à son fermier de couper tous les cerisiers. « Je ne veux pas qu’on en profite après moi » aurait-il dit. Tous les cerisiers ont été abattus.

Nous avions des aptitudes au bricolage, pour nous fabriquer toutes sortes d’outils de jet, la flèche polynésienne était la plus efficace, le lance-pierre rentrait dans une poche, l’arc le plus puissant ; avec toutes ces armes nous n’avons jamais tué quoi que ce soi. Certains d’entre nous, comme leur papa, partaient à la chasse. La passée aux grives le soir, les lièvres et les poules d’eau. Ceux qui avaient des relations chassaient en Camargue dans des chasses privées le canard colvert. J’ai toujours eu le sentiment que la Camargue était un immense terrain privé, où seuls les courtisans des grands manadiers et autres riziculteurs avaient leurs entrées.

J’ai tiré au fusil de chasse, mais sur des pancartes de propriétés privées, ou en l’air.

Nous étions adaptés à notre territoire, toutes les bonnes planques, les passages couverts,les observatoires, et les bons endroits pour chaparder des fruits et légumes n’avaient aucun secret pour nous.
 

À suivre…

 

 

 

 


 


 

 

 

 

 

 

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Publié le 16 Octobre 2020

Secret 22

 

Il y avait JCL musicien, qui jouait de plusieurs instruments, saxophones, violon, mandoline, flûte, accordéon. C’était notre griot, de huit ans mon aîné, nous faisions avec lui des voyages immobiles et musicaux. Je ne l’ai jamais perdue de vus on à même travaillé ensemble, c’était un ballochard du samedi soir dans l’orchestre de Joe Allan. Une vision de la vie sereine et lumineuse, une grande sagesse spirituelle. J’ai beaucoup appris avec lui. Il faisait partie des grands de Caissargues qui je suppose faisaient pas mal de conneries, aussi. Parmi eux, il y avait ma grande sœur. C’était la bande des grands.

 

Autour du Vistre nous y allions souvent pour cacher nos activités illégales, ou interdites, la fumette et l’alcool. Nous avions laissé tomber le radeau, on en avait toujours envie, mais l ’accès aux poubelles de l’imprimerie était fermé. Il faut dire qu’on y mettait un sacré bordel. Sans les matériaux plus de radeaux. Mais plus tard l’imprimerie me servira encore. Comme dans tous les groupes, nous avions un souffre-douleur. Un de l’avenue de Camargue, dans nos jeux, soit il était exclu, soit on lui donnait le mauvais rôle. C’est quelqu’un qui me fascinait et m’inquiétait aussi.

Une vieille famille de Caissargues, mais pas intégrée vraiment. Je reviendrai sur son rôle plus tard.

 

On avait un jeu à la con, nous nous mettions en cercle avec un de nous au centre les yeux fermés un de nous lui donnait un coup de poing dans l’épaule, il devait deviner qui avait donné le coup. S’il ne trouvait pas, il restait au centre. Vous voyez l’arnaque ?

 

Le jeu breton aussi, on jetait un caillou ou une pigne de pins très haut en l’air il ne fallait pas regarder et attendre quelle retombe, celui qui les prenait sur le crane avait perdu.

 

Et le jeu du bidon, regroupés au centre d’un terrain nous envoyons un bidon d’huile le plus loin possible aprés avoir tiré un de nous, au sort. Il devait aller chercher le bidon et le ramener au centre, pendant ce temps on se cachait. Le but était de venir taper dans le bidon sans qu’il nous découvre.

 

Pendant un certain temps, on à plus trop fait de conneries, car il y avait eu des plaintes et la gendarmerie de Rodhillan était venue constater les dégâts.

 

À suivre …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 15 Octobre 2020

Secret 21

 

Les arènes de Caissargues servaient de terrain d’entraînement à l’école taurine de Nîmes. Nous y allions souvent, pour regarder les entraînements de jeunes apprentis pas encore toreros. Il y avait là Nimeño, et quelques autres. Il s’entraînait des journées entières et souvent sous le soleil d’été. Imaginez il faisait le tour des arènes en sautant de part et d’autre de la talenquaire, puis en équilibre sur elle. Il répétait inlassablement les passes et tous les gestes d’une Faèna. Et pour se rafraîchir buvait à la régalade, avec, la aussi, une grande maîtrise du geste. Pour finir, il se couvrait de sa cape au centre des arènes sous le soleil d’été, et restait là un long moment.

 

Il y avait aussi des guitaristes flamenco, dans le style Paco de Lucia. Pendant des heures nous les écoutions, en silence. Parfois, on prenait une cape ou une muleta pour se mesurer au toro à roulette, je me suis rendu compte là de la taille de ces bestiaux, et du danger de les affronter. La bande se divisait en deux : ceux qui descendaient dans l’arène et les autres. Je faisais partie des autres. J’ai assisté gamin à des courses camarguaises prestigieuses. La finale du trident d’or, le trophée des as. J’avais même ma place à la tribune présidentielle.

 

Chinito et Christian à Caissargues

Nous avions aussi des cours de secourisme, prodigués par un militaire à la retraite, il y avait toute la bande. Un jour nous avons appris à sangler un « blessé » sur le brancard. B d’un côté et moi de l’autre, l’instructeur nous dit : « si vous le retournez il devrait tenir » Imaginez un gaucher et un droitier, on le retourne, mais pas dans le même sens je lâche et le pauvre les bras liés, percute le sol en faisant un bruit sourd. Le formateur s’affole ne sachant plus que faire, il panique. Nous retournons le brancard, le pauvre avait une énorme bosse sur le front, nous l’avons dessanglé et ramené à sa maison. Les cours de « secourisme » se sont terminés là.

 

À suivre …

 

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Publié le 12 Octobre 2020

Secret 20

André Larguier

Mon père instructeur pilote dans l’armée de l’air (voilà pourquoi je suis né à Marrakech) avait encore des contacts avec la base de Garons. Et on avait droit au coiffeur militaire, visite à domicile. Coupe en brosse réglementaire, et friction du cuir chevelu avec une sorte de gomme molle qui permettaient de faire tenir la brosse en l’air. Comme je l’ai déjà dit, j’ai toujours pensé que mon père n’était pas vraiment descendu de son avion, il avait l’air heureux là-haut. Et quand il en parlait, c’était des récits passionnants, qui lui donnaient beaucoup de joie. Combien de fois il racontait ses séances de voltige, les fois où ils volaient face à face, en jouant à celui qui dégagera le dernier. Celui qui gagnait toujours fermait les yeux. Un jour à Marrakech au cours d’un vol, il parle tout haut : « Je me demande, si je ne vais pas vendre ma mobylette » la radio n’était pas coupée et toute la base a entendu ça. À l’atterrissage, il y avait foule pour lui acheter la bécane. Il est redescendu sur la terre des hommes et son bonheur est resté là-haut.

Base de Marrakeh ( camp Mangin )

 

À Caissargues, il dirigeait une imprimerie, et se passionnait pour la langue provençale et le Félibrige.
Nous allions souvent dans la manade, Fabre Malhian. Je n’étais pas bien grand et le Baïle-gardian Pierre me faisait visiter la Camargue. Souvent au crépuscule, le moment où les animaux sortent. Il voyait tout et je ne distinguais pas grand-chose. C’était magique, nous parlions à voix basse en nous cachant dans les anganes. Je vous jure que plusieurs fois je l’ai vu, la bête du Vacares. À la féria de Caissargues, on m’habillait en gardian pour participer au défilé et à la messe dominicale en provencal. Nous assistions à toutes sortes de rituels notamment le bistournage, et le marquage des taureaux. Mon père avait un droit de passage dans la propriété Bec. Après avoir passé une barrière fermée, nous suivions une piste qui menait à une pinède bordant la plage. Une plage rien que pour nous ; nous étions les rois.

 

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Publié le 10 Octobre 2020

Secret 19

Nous y voilà, après les pétards à mèches, nous avons trouvé je ne sais où, la recette d’un explosif plus puissant. À base de sucre et d’un autre produit qui n’est plus en vente libre. Ma mère nous voyant passer avec tout ce sucre nous demande ce que l’on va en faire. « C’est pour faire de la confiture ». La recette est simple, une part de sucre, une part de l’autre produit. On tasse ce mélange dans un tube d’acier, en prenant garde de ne pas faire d’étincelles. Le tube est refermé dans un étauet à l’autre bout on pose une mèche. L’explosion est beaucoup plus puissante qu’avec les pétards.

À la station d’épuration, on a fait des gerbes de boues qui sont montées très haut. Nous avons fait sauter d’autres choses pas très avouables, même s’il y a prescription. En ne tassant pas le mélange dans le tube, ça n’explosait plus, mais ça faisait une flamme très puissante. Des tentatives de fabrication de fusées se sont succédées, en s’améliorant chaque fois, pour atteindre des hauteurs remarquables. Nous avons pris conscience du danger de cet explosif, on a fini notre stock, et stoppé cet épisode.

Le village s’agrandit considérablement. D’autres, plus ou moins jeunes, nous rejoignent. Ce ne sont plus des copains d’enfance, ils viennent d’ailleurs, avec de nouvelles activités. C’est le début de l’élargissement de notre territoire. Bouillargues sera le premier village où l’on a trouvé des copains pas trop loin. Nous y allions souvent, à pied. On découvrait ce village comme si c’était un autre monde. Je me souviens surtout d’un immense bistrot, avec une cour recouverte de canisses. Le patron, un ancien Caissarguais, nous connaissait presque tous. Surtout les enfants d’élus à la mairie de Caissargues, c’était mon cas. Une liberté toute relative et surveillée. Je me suis toujours posé la question s' il n’informait pas nos parents de toutes nos activités. Mais en dehors du village, nous nous tenions peinards. Du moins pour le moment.

Sur Caissargues, parmi les nouveaux arrivants, ils y en avaient trois qui étaient de sacrés musiciens. Le groupe commençait à avoir un répertoire fourni. Il y circulait aussi d’autres produits à fumer que la clématite et le sureau.

À suivre

 

 

 

 

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Publié le 6 Octobre 2020

Le Vistre nous ne l’avions pas abandonné. Nos terrains de jeux de plus en plus urbanisés, il ne restait qu’une cachette sûre et vu l’odeur du fleuve, nous étions tranquilles. La cabane reconstruite sur une rive cachée avait tout le confort, et de la lumière pour le soir. La bande rétrécie, le restant, restera soudé jusqu’à l’entrée dans la vie active. Guitares, bongos, flûtes en tout genre, de longues heures à faire le bœuf. Souvent très tard, les parents n’étaient vraiment pas inquiets, ou alors ils s’en foutaient pourvu qu’on ne les emmerde pas ? Cette liberté nous convenait parfaitement.

 

Au centre du village il y avait encore, quelques champs et d’immenses rangées de cyprès, assez larges et solides pour faire un passage de l’un à l’autre. Nous y avons passé des journées entières.

Nous pouvions cheminer tout autour des champs, sans être vus des paysans et autres passants.

De ce poste d’observation, nous avions le sentiment d’être invisibles. Tout un tas de signes nous permettait de communiquer sans parler. Mais on ne pouvait pas s’empêcher d’éclater de rire à chaque chute, et se faire repérer.

 

Les cyprès n’étaient pas très loin de la maison de mon grand-père maternel Charles. Lui, je l’aimais bien, un grand sec avec un béret, toujours en bleu de travail. Comme moi, il fouillait dans les poubelles de l’imprimerie, pour utiliser toute sorte de choses pour son potager. Les chutes d’aluminium étaient utilisées comme réflecteur pour les tomates. Son jardin, immense et productif l’occupait la plupart du temps. Le voisin, jardinier aussi, avait une oreille en moins mangée par sa mule. Aussi petit que mon grand-père était grand. Sourds tous les deux, ils avaient de grandes discutions, sûrement des souvenirs de la Grande Guerre. Je les appelais courte patte et patafil. Aux repas de famille, on me mettait souvent à côté de lui, j’aimais bien ça, il me racontait la bataille des Dardanelles et d’autres histoires de soldats. Il avait servi dans la cavalerie. Pour moi c’était merveilleux, c’était les chevaux qui tiraient les pièces d’artillerie, rien à voir avec les héros de westerns. Charles bricolait et quand ça ne marchait pas comme il voulait ; il criait « Ha ! le clown » et l’outil traversait l’atelier. C’était sa plus grosse injure. Il me disait souvent « toi tu as le biais », je pouvais utiliser tous ses outils. Et en plus il possédait une Mobylette bleue avec une remorque.

 

À suivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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Publié le 4 Octobre 2020

Le parc ouvert en permanence nous permettait de construire des tremplins pour nous exercer aux sauts.

J’avais eu en cadeau un vélo, mais pas un vélo ordinaire, il était construit en tubes d’acier avec des roues de 40 cm de diamètre, de très grosse section. Le grand jeu consistait à monter dessus de plus en plus nombreux, comme à la parade des gendarmes, ou les clowns du cirque. Le record fut de huit, plus nombreux, toutes les tentatives ont échouées. Le vélo n’a jamais cédé.

Plus tard, on l’avait équipé d’une voile pour descendre l’avenue de Camargue les jours de Mistral. La voile nous bouchait la vue devant le vélo et comme il n’y avait pas de freins, on percutait souvent la maison du bout de la rue. C’était la maison de monsieur Brauman, le rebouteux du village. Donc nous ne risquions rien. Cette maison et son propriétaire, nous a toujours mis mal à l’aise entourée de beaucoup de mystères.

Pour changer de véhicule, nous équipions des planches de bois de patins à roulettes et les plus grands nous tiraient sur la route du mas de Nages avec leurs mobylettes. Sur nos planches à 10 cm du sol, la sensation de vitesse était phénoménale, les chutes aussi. Les protections, de simples morceaux de pneus d’automobiles fixées sur les genoux et les coudes. On était très impatients d’avoir l’âge, pour nous aussi, d'avoir enfin des mobylettes.
 

Certains d’entre nous étaient de grand bagarreurs, et leur esprit combatif les amenait à partir dans d’autres villages. Bouillargues, Garons, ceux du chemin bas et la Féria de Nîmes, qui à cette époque servait aux bandes villageoises de terrain d’affrontement. C'est pour cette raison que la Féria de Caissargues a lieu en même temps, pour déplacer un peu le problème de la violence, et drainer les derniers poivrots. Pour finir à l'encierro nocturne de Garons. 
Ça se terminait souvent aux urgences.

Je n’aimait pas la bagarre, je n’avais rien à prouver de ce côté-là. Je n’ai jamais compris pourquoi D.L, un grand amateur de combats de rue, efficace et redouté, voulait toujours se battre avec moi.

Je savais que j’allais en prendre plein la gueule ( je l’avais vu à l’œuvre ). Donc D.L. organisait des duels publics entre lui et moi. Ça se passait dans le parc.

J’ai compris plus tard qu’il voulait épater les filles. J’ai développé aux cours de ces joutes l’art de l’esquive verbale, en tenant de longs discours sur la violence. Et aussi le mensonge salvateur en prétextant un rendez vous et toutes sorte d’esquives. Une seule fois le combat a eu lieu, je me suis défendu le plus longtemps possible, mais j’en ai pris comme aux boules, D.L. aussi, depuis ce jour-là, j’ai eu la paix. Et lui a continué à séduire les filles avec ses allures de matamore.

 

À suivre


 

 

 

 

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Publié le 28 Septembre 2020

Après l’épisode du balcon, nous nous sommes un peu calmés, pendant quelque temps. La station d’épuration au bout de la rue de Camargue nous intéressait beaucoup. Imaginez un bassin plein de boue en train de sécher avant d’être épandue dans les champs (on ne connaissait pas le recyclage et le compostage dans les années soixante-dix). Dans l’épicerie de mademoiselle Labro, on pouvait acheter des pétards à mèche, du plus petit au plus gros. On a commencé par les moyens.

 

Nous pénétrions dans la station en sautant le grillage. Les pétards enfoncés dans cette boue, on allume la mèche ; tous aux abris. La gerbe de boue ne nous atteint pas. Nous avons testé d’autres tailles de pétards jusqu’au plus gros, c’était décevant. Beaucoup plus tard, nous sommes passés à des explosifs plus performants. Mais ça, c’est pour plus tard.



Les pétards serviront à toute sorte de choses. Dans des boîtes de conserves, des légumes, bouteilles en tout genre. Mais on se lasse vite. Voilà venu le temps des boîtes à lettres, les serrures, sous les portes. Grandes parties de rigolades et courses pour échapper aux pauvres habitants.

 

Et… voilà la grande invention, un pistolet à pétard à mèche, modèle pas déposé reproductible par n’importe qui.

Un tuyau de cuivre aplati à une extrémité en glissant un clou pour aménager un orifice qui permet de laisser dépasser la mèche après avoir glissé le pétard on bourre avec du papier journal puis une bille ou un caillou de nouveau une bourre de papier journal le tout fixé sur un morceau de bois avec des clous un réflecteur d’aluminium pour éviter le retour de flamme.
Une vraie arquebuse, je vous fais un dessin.
 


Avec ce pistolet on a tiré sur un plein de choses, et aussi sur rien, en l’air juste pour le plaisir.
On a essayé d’en fabriquer de plus puissants pour les gros pétards, mais les tubes s’ouvraient en deux. (nous avions eu la bonne idée de tester ça de loin pour commencer.)


Ça devenait dangereux, nous restâmes prudemment aux petits calibres.

Un soir dans une rue du village les explosions des pétards ont effrayé un Caissarguais émigré polonais ayant fui son pays, il se revoyait subissant des tirs et autres sévices, le souvenir devait être douloureux. En m’attrapant et en me menaçant d’un violent coup de poing, il se rend compte qu’il n’est plus en Pologne, et nous engueule copieusement. Il s’occupait des terres d’une grande famille Caissarguaise qui habitait le château au centre du village. (Maintenant transformé en mairie.)
On y entrait par un immense portail, ouvrant sur une voute de glycine. dans un parc privé.


Son fils P est resté longtemps un de mes meilleurs amis, il ne traînait pas avec la bande du Vistre. Je l’aimais bien quand même.

 

 

 


 

 

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Publié le 27 Septembre 2020

Avec l’arrivée des nouveaux lotissements, les champs se réduisaient autour du village. On se déplaçait de plus en plus loin. Un lieu qui nous attirait, distant de trois bons kilomètres, le bassin de Gros*,réservoir circulaire d’une trentaine de mètres de diamètre et sûrement très profond. Un escalier métallique rouillé nous permettait de descendre jusqu’à la surface de l’eau. Croupie et dormante, la surface reflétait parfaitement le ciel. En bas de l’escalier, on ne percevait plus les bruits environnants, le silence de cette arène en béton gris nous faisait un peu peur, mais la fascination était plus forte. Il y avait une résonance incroyable. Un écho multiple et très net.
 

Le bassin de Gros servait d’irrigation aux champs de la vallée du Vistre entre Aubord et Caissargues.
De cet endroit nous dominions tout notre royaume. Le mont Ventoux, le pic Saint loup, au loin le Lozère. Caissargues, la Bastide, le Vistre, Nîmes, la grande ville.


Plus haut presque sur le plateau, le canal du bas Rhône. Lieu de parties de pèche et baignades, on a sorti d’énormes poissons-chats. Pour se baigner, nous repérions les échelles de fer, car les bords de ciment en pente ne permettent pas de remonter.
Le canal était pour nous une frontière ; on  s’aventurait rarement au-delà. Au nord le Vistre, au sud le canal, vaste territoire.

 

La bande se réduit de plus en plus. Quelques-uns sont assignés à résidence, interdiction de sortir après l’école. D’autres ne sont plus d’accord avec les « bêtises » habituelles. Quelques autres sont éperdument amoureux. On est plus qu’un petit groupe, moins d’une dizaine. Mais nous restons toujours inventifs et efficaces.

 

*Bassin désaffecté suite à la construction du canal du bas Rhône. Aujourd’hui disparu sous les rails du TGV.

 

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Publié le 26 Septembre 2020

Je ne connais pas l’auteur de cette série de photos, si quelqu’un le connaît, je mettrai son nom.

Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson
Photographies de l'atelier de Bruno Salenson

Photographies de l'atelier de Bruno Salenson

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Publié le 25 Septembre 2020

Le champ de blé en face de la gare se transforme en lotissement. Des villas pour famille nombreuse, et au bout de l’avenue de Camargue, les premières maisons, se construisent. Il n’y aura que deux copains de plus. Deux frères, scolarisés à l’école Notre-Dame. Le champ de blé transformé en chantier nous offre de nouvelles perspectives de jeux plus ou moins interdits. Les parties de cache-cache, l’escalade des engins de chantiers. Et surtout la collection de cadenas de baraque de chantier, c’est à celui qui en accrochera le plus dans notre nouvelle cabane sur la rive du Vistre. Nous maîtrisions parfaitement toutes les techniques pour les ouvrir. Pas une seule fois, nous avons volé les outils ou affaires des maçons. Les nouveaux cadenas étaient de plus en plus difficiles à ouvrir. Les cabanes de ballots ont été remplacées par des villas en constructions. Souvent on pouvait sauter du haut des murs, sur les tas de sables et graviers, c’est à celui qui sautera du plus haut.

La bande se réduira avec l’arrivée des filles. Certains (les plus vieux) courraient le guilledou pour délaisser le Vistre. Le lavoir derrière les arènes servait de lieu de rendez-vous. On se retrouve en comité restreint. Peut être encore trop jeune pour draguer ou trop timides.
 

Dans le chantier on montait dans les engins de chantier pour conduire ces engins, ou au moins faire semblant. Une fois ils avaient oublié les clefs, on a démarré l’engin qui c’est mis à avancer on à tous sautés. Au bout de sa course, le tractopelle a démoli le coffrage d’un balcon encore frais, et tout s’est écroulé et par bonheur l’engin s’est arrêté. Nous étions morts de rire.

Certains d’entre nous jouaient d’un instrument. On m’avait offert une guitare espagnole lors d’un voyage en famille à Grenade. J’ai appris la grille du blues en mi. Voilà l’époque des bœufs interminables. Deux ou trois guitares, une flûte Kéna, des percussions. C’était dans le parc, souvent le soir très tard.

Neil Young, Cat Steven, Graeme Allwright, Rory Gallagher, Hendrix, Brassens, et Smoke on the water.

C’est le début d’une nouvelle page pour notre bande.


 


 

 

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Publié le 22 Septembre 2020

Revenons au village.

 

La cabane pour une raison inconnue à disparue, la corde pour sauter au-dessus du Vistre servait toujours. On sautait de plus en plus haut en prenant de l’élan. Pour atterrir le plus loin possible sur l’autre rive. Pour réussir ces exploits, la technique avait changé. Ce n’est plus la force des bras qui nous tenaient. Nous avions fabriqué une balançoire, avec un gros bâton que l’on mettait entre nos jambes. (comme un tire-fesses)


Le plus délicat, c’était de sauter en bout de course sinon on revenait au point de départ et ainsi de suite tel un pendule. Pour se retrouver immobile au-dessus de la flotte. Au début, on laissait pendouiller le malheureux. Plus tard on a accroché une corde pour le tirer sur la bonne rive.
Pour sauter en bout de course, la meilleure technique, c’était de se mettre debout sur le bout de bois, et de se retourner pour sauter sur la rive. C’est devenu du grand art. Certains faisaient des figures, on avait inventé le free-style. Suivi du duo, du trio, le quatuor a fini dans l’eau suite à la rupture du bout de bois.

L’idée à la con va vite venir : « Et si l’on mettait deux cordes ? » En partant de la même rive, c’était pas mal, à celui qui sauterait le plus haut. Mais en partant de rives opposées alors là. La catastrophe, choc au milieu, grand plongeon, et des bosses comme des œufs. On n’a pas récidivé.

 

Puis et venue le pont de singe, le filet au-dessus de l’eau. Et le hamac, on en a fait partout pour des siestes mémorables. C’est à celui qui l’accrocherait le plus haut. Dans les peupliers du mas de nages, certains étaient pendus à plus de sept mètres de haut. Avec le vent on a vécu des tempêtes mémorables sur tous les océans du monde. Nous fabriquions ces hamacs en sacs à patates avec des cordes à ballots, nouées aux quatre coins.
 

 

À défaut de cabane on occupe les rives du Vistre ou l’on trouve des abris sous les arbres et les ronces. On y aménage des tunnels et autres passages secrets. C’est dans ces taillis qu’on découvre le bois fumant. Sureau ou Clématite, premières expériences de substances à fumer.
 

https://sites.google.com/a/connaissancefloreain.org/connaissance-de-la-flore-de-l-ain/la-plante-du-mois/laclematitevigneblancheouherbeauxgueuxouboisfumant


 

 

 

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Publié le 22 Septembre 2020

Secret 12


Voici le temps des colonies (pas françaises, mais de vacances). Je soupçonne mes parents d’en avoir assez de passer l’été à corriger nos frasques. On nous envoie à la Mouleyrette, centre de vacance.

j’ai peu de souvenirs de cet endroit. Je me souviens qu’un jour mon frère, passant quelques mètres plus bas sur une Faïsse*. J’ai eu l’idée saugrenue de lui pisser dessus. Le voilà qui monte en vitesse, et me fout un coup de poing dans l’œil. Un bel œil au beurre noir. (noir, bleu, vert, rouge)
 

J’ai appris il n’y a pas si longtemps que sa mission fût de me nettoyer chaque fois que je chiais dans mes brayes. Je n’étais pas encore propre à cette époque. Le pauvre juste trois ans de plus que moi, obligé de me nettoyer, la goutte qui à fait déborder le vase. Je comprends maintenant pourquoi il ne voulait plus me voir. La fratrie, c’est l’école du crime.
Je vous rassure quand j’étais en danger, il me défendait. Je reste son petit frère malgré tout.


Je n’avais qu’une envie c’est de fuir de cet endroit. On m’a récupéré plusieurs fois loin sur la route de Colognac.

 

(La vieille tante de mon grand-père a eu la bonne idée de dire à ma mère de m’ébouillanter dans la douche pour que je devienne propre. Ça n’a servi à rien, sinon à faire grandir mon désir de fuir pour m’échapper).

 

 

Il y avait aussi « les pierres précieuses » en haut de la colline, au-dessus de la Mouleyrette, on pouvait trouver des diamants gros comme le pouce. Les moniteurs nous avaient dit de ne pas en ramasser de trop, pour en laisser aux autres. J’en ai ramené deux ou trois. Je me suis vite aperçu que les cristaux de quartz ne se vendaient pas aussi cher que les diamants. Ces pierres restaient précieuses pour moi. La plus modeste pierre pourvu qu’on la ramasse est plus précieuse, que le plus beau des diamants.

 

 

* « faïsse » ou « faysse », désigne la terrasse ou gradin de culture, bande de terre soutenue par un mur en pierre sèche : le paret. Ces terrasses rendaient possibles les cultures là où elles ne l’étaient pas, en utilisant cette technique des paliers horizontaux soutenus par des murets.

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Rédigé par jacques

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