Secret 30

Publié le 1 Novembre 2020

Secret 30

Je suis arrivé en troisième . Entre-temps le collège a déménagé dans un préfabriqué à quelques pas du lycée Duhoda, puis est devenu le collège Capouchiné. Souvent j’ai profité d’être en ville pour sécher les cours et aller la voir, elle m’attirait depuis longtemps. Les caves Sainte Eugénie dans la rue du même nom accueillaientt quelques Nîmois qui sont devenus un peu ma nouvelle bande. Il y avait des peintres, des artisans, des musiciens, et d’autres qui regardaient le temps passer. Un joueur de harpe, un guitariste qui jouait et chantait que du Hendrix, le peintre en lettre qui décorait les vitrines à chaque fête, tous pas mal plus âgés que moi.

Mansour Bekkada (le peintre en lettre)

J’ai retrouvé aussi ceux de la bande de Caissargues qui avaient investi un appartement au 18 de la rue Général Perrier. La librairie Notre Temps peuplée de jeunes et vieux militants, où l’on pouvait lire des ouvrages qui parlaient de luttes et d’émancipation.

Au collège de Capouchiné, j’avais un professeur d’espagnol qui connaissait bien mon père, ils étaient au parti socialiste ensemble, il le tenait au courant de mes absences. J’étais coincé, et je ne pouvais pas aller en ville comme je voulais. Je suis passé en conseil de discipline pour avoir mangé du chewingom alors que c’était interdit. Ils m’ont viré et je me suis retrouvé au collège de Bouillargues pour faire une deuxième troisième. Loin de la ville, mon père n’y avait aucun informateur. Les années collège ont fait éclater notre bande Caissarguaise, j’ai perdu de vue B qui faisait ses études au lycée agricole de Rhodillan.

 

Je dois être un des rares collégiens à avoir passé le BEPC en trois ans. Je voulais rentrer à l’école des beaux arts, Rinèti y était et ça me faisait envie, on y apprenait, la gravure, la copie de plâtre, le dessin avec modèle vivant, et les bases techniques pour pouvoir développer un travail artistique. Mais mon père exigeait que je passe le BEPC avant. La première troisième, j’ai eu droit au rattrapage, la deuxième il me manquait juste l’épreuve sportive, je ne me suis pas présenté, donc je ne l’ai pas eu. Je précise qu’à mon âge il fallait l’autorisation des parents pour rentrer aux beaux arts. Sinon je ne lui aurais pas demandé son avis. Il a réussi à me faire tripler la troisième et j’ai enfin eu le brevet.

 

À suivre…

Rédigé par jacques

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