A mauvaise herbe

Mauvaise herbe 3

 

C’est un lieu dans lequel je me sens en confiance, GA et MG sont là pour accompagner le travail mettre des mots justes sur mes doutes mes interrogations, dérives, douleurs. Ma parole est respectée. C’est un voyage intérieur avec des culs-de-sac, des grands espaces lumineux, des trous noirs, des portes fermées à double tour, au détour du chemin, parfois un monstre surgit et vous laisse fatigué, vidé. Le regard, l’écoute, de ces personnes humaines, vous permettent de gravir des montagnes, de passer des caps Horn, avec eux ont à la force d’affronter nos démons nos faiblesses.

Ils sont les gardes fous à la fois impliqués et distants. Merci à eux.

Aujourd’hui, ce n’est pas le même bureau que celui dans lequel j’ai rendez-vous tous les quinze jours depuis plusieurs mois. MG et une étudiante sont là, et dans le temps de cet échange on dit avec une petite voix qui ne veut pas déranger une histoire cachée. Qui revient de l’enfance enfouie sous tout un bazar de vie, cette parole on l’entend sortir et l’on sait qu’elle sera reçue comme une offrande. L’émotion est bien là, des deux côtés il y a des mercis il y a de la confiance. C’est un moment ou on est vulnérable il n’y a plus de carapace. Personne à part nous trois n’a entendu ça, cette parole audible précise douloureuse maintenant partagée, vas permettre de continuer le travail entrepris.

Écrire pour rendre l’indicible acceptable…

 

À suivre

 

 

 

 

carnet de route carnet de route carnet de route
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Mauvaise herbe 2

Il en faut du courage et de la volonté pour se replonger dans un évènement violent, soudain et incompréhensible, revivre les odeurs, la vision, les émotions, la peur, à 11 ans j’ai enfoui, et occulté ça en attente d’un jour où je serais assez fort et prêt à affronter cette agression.

Quand une situation, une parole, une odeur, ou n’importe quels stimuli refont surgir la sensation de peur, on se cache, on fuit, on agresse, tous les moyens sont bons pour ne plus revivre ça. Les conduites à risques, drogues dures, délinquance, automutilations, boulimie, fuites, sont des échappatoires, destructeurs mais efficaces. Ces comportements sont plus forts, et permettent d’éviter la confrontation à l’évènement traumatique. Il faut composer avec ça et parfois c’est l’entourage qui en fait les frais. Une parole, une situation, l’impression d’être coincé, acculée, mises en porte à faux déclenche de l’agressivité, de la colère, de la peur. Une répétition de groupe où l’on est mis en cause et l’on fuit, car c’est démesurément insupportable. Une parole dans un repas de famille, ça devient tellement fréquent qu’on n’a de moins en moins envie de sortir, ou alors toujours sur le qui-vive, en développant des stratégies de protections, je me suis longtemps demandé d’où venaient ces dérives, cette fuite à l’âge de 15 ans.

Par chance, j’ai traversé tout ça sans y laisser trop de plumes, je suis toujours vivant, et à peu près en bonne santé. Une magie plus forte que la mort (comme dirait Jean Tinguely) une envie de vivre, l’amour des gens, la curiosité, ou la chance tout simplement.

Et plusieurs dizaines d’années plus tard les flashbacks, cauchemars, sensation de ne pas être en sécurité, peur sans objets, angoisse, ça revient plus précisément que l’image floue récurrente, qui persistait jusqu’alors. Pour canaliser ça et ne pas sombrer, il faut avoir le soutien d’une personne extérieure, si l’on a la chance de rencontrer les bonnes personnes on peut dire ce qu’on a caché, et commencer à travailler, comprendre, mettre des mots justes, sur tout ça. Se préparer à revivre dans un environnement protégé avec une personne bienveillante à se replonger par écrit et en lisant à haute voix. Attentif aux sensations présentes, c’est une épreuve, longue, dure, inattendue, libératrice. L’exposition répétée à cet évènement petit à petit sera de moins en moins source d’émotions et de réactions néfastes. Je ne fais pas disparaître cet évènement. C’est lui qui m’a fait vivre qui a orienté mes choix, je le range dans un tiroir que je ferme, je jette la clé. C’est en moi, mais ça ne m’empoisonne plus.

J’écris tout ça maintenant pour donner du sens, c’est une écriture de purification, cathartique, une revanche aussi.

 

À suivre…

 

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Je reprendrais les aventures du Vistre au prochain épisode.

À vous…

Je veux parler de toutes les personnes qui au cours d’une vie, pour exercer leur petit pouvoir ne serait ce qu’un petit instant ou sur de longues périodes, pour assouvir une libido déviante, une éducation à œillères, un moule établi, une tradition familiale, un rang à tenir, ce permettent de détruire la vie d’un enfant, qui à seulement besoin de bienveillance, de justice, d’explications.

Je pense à ce copain plus âgé qui vous manipule pour assouvir une pulsion sexuelle. Je pense à des parents sans aucune pudeur ni discrétion, faisant voler en éclats l’idée même du couple parental.

Je pense à ce grand-père maladivement intransigeant qui vous écrase et vous traite en permanence de bon à rien, et cet oncle qui répète à qui veut bien l’entendre que vous êtes une cloche et un bon a rien. Je pense aussi à l’entourage qui réussit, et qui sert de comparaison « prends exemple il ou elle, réussit » ces profs des beaux arts qui sous prétexte que vous n’êtes pas dans la mouvance de la création, ne font aucun cas de votre travail, en vous rabaissant sans cesse. Je pense à ce manque de tendresse et de gestes doux.

Tout ces irresponsables qui détruisent toutes tentatives de progresser, et qui vous inculque la croyance que vous êtes un bon à rien, quelqu’un de sale, en faute, déviant, pas capable d’aimer ni d’être aimé.

L’autodestruction devient la seule échappatoire.

Et vient l’attirance vers tout ce qui peut masquer tout ça : drogue, boulimie, délinquance, conduite à risque. La fugue sous toutes ses formes.

Je veux vous dire à tous que vous ne m’avez pas détruit et aujourd’hui, la mauvaise herbe que vous vouliez détruire continue de pousser.

Mal à vous…

JL


 

 

Rédigé par jacques

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